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Dans notre société d'abondance,
la surconsommation côtoie, paradoxalement,
la pauvreté et l'insécurité
alimentaire. Au Québec, en 2004, l'insécurité
alimentaire1 touchait 19 % des ménages
monoparentaux ayant une femme à leur tête
et 48 % des ménages prestataires de la
Sécurité du revenu (1). La crise
économique mondiale a des répercussions
sur le coût des aliments et les personnes
disposant d'un faible revenu sont davantage affectées.
Elles ont à jongler avec l'inquiétude
de ne pas avoir assez d'argent pour se nourrir,
tandis que certaines doivent avoir recours sur
une base régulière à de l'aide
alimentaire d'urgence. De plus, les enjeux de
société que soulève l'augmentation
des problèmes de poids nécessitent
une action collective, ciblant à la fois
les individus et les environnements. Les causes
sous-jacentes aux inégalités sociales
relatives à l'alimentation étant
multiples, il importe d'agir sur plusieurs fronts,
de diverses façons et avec plusieurs partenaires.
Les décideurs sont confrontés au
défi de susciter des actions qui permettront
aux populations plus vulnérables d'avoir
accès aux aliments nutritifs en toute dignité,
sans instaurer une dépendance à
l'aide alimentaire. Dans un contexte économique
difficile, combler les besoins urgents prime souvent
sur les solutions structurantes et durables.
L'efficacité des interventions en promotion
des saines habitudes de vie et plus précisément
en alimentation nécessite la combinaison
d'actions individuelles (connaissances, attitudes
et comportements), dont la communication, et d'actions
environnementales plus structurantes. Celles-ci
visent notamment à influencer la disponibilité
et l'accessibilité des aliments. En complémentarité
à l'éducation et à la sensibilisation
en matière de saine alimentation, on agit
pour faciliter l'accès à des aliments
nutritifs au quotidien. L'ensemble des acteurs
impliqués dans le développement
de politiques nutritionnelles doit faire en sorte
que des aliments nutritifs soient accessibles
pour l'ensemble de la population, incluant les
personnes en situation de pauvreté.
Soutenir la sécurité
alimentaire des communautés et des individus
Pour soutenir les individus et les familles vulnérables,
les directions de santé publique des différentes
régions du Québec disposent d'un
budget global de 3,2 M $. Elles subventionnent
différentes initiatives concertées
en matière de sécurité alimentaire
: le partage de connaissances et d'habiletés
culinaires par des cuisines collectives et éducatives
; des regroupements d'achats permettant de bénéficier
de rabais sur plusieurs denrées ; une amélioration
de l'accès aux fruits et légumes
frais par du jardinage collectif, le démarrage
de marchés publics dans des quartiers défavorisés,
une plus grande accessibilité à
des aliments traditionnels dans les communautés
autochtones. Le soutien à de l'aide alimentaire
d'urgence est également disponible.
De nombreux partenaires prennent part aux efforts
de concertation en sécurité alimentaire
pour identifier des solutions adaptées
aux besoins des communautés : les organismes
communautaires, les municipalités, les
conférences régionales des élus,
les commissions scolaires, etc. De plus, depuis
plusieurs années, la commission scolaire
de l'Île-de-Montréal subventionne
des repas et des collations pour les élèves
fréquentant des écoles situées
dans des secteurs défavorisés.
Des politiques nutritionnelles
visant la création d'environnements favorables
En 2006, le Québec s'est doté d'un
Plan d'action gouvernemental en promotion de
saines habitudes de vie et en prévention
des problèmes reliés au poids 2006-2012
(2), qui vise à améliorer la qualité
de vie de la population québécoise
en lui permettant de vivre dans des environnements
favorisant l'adoption de saines habitudes de vie,
soit un mode de vie physiquement actif et la saine
alimentation. Le ministère de la Santé
et des Services sociaux est responsable de la
coordination et de la mise en uvre de l'ensemble
du plan d'actions en collaboration avec sept ministères
et trois organismes gouvernementaux. Depuis deux
ans, le développement de politiques nutritionnelles
visant différents milieux de vie a été
le moteur des actions en matière de saine
alimentation.
Les écoles primaires et secondaires du
Québec ont pris, au cours de la dernière
année, un virage santé. La Politique-cadre
pour une saine alimentation et un mode de vie
physiquement actif, Pour un virage santé
à l'école, élaborée
par le ministère de l'Éducation,
du Loisir et du Sport (MELS) en collaboration
avec le ministère de la Santé et
des Services sociaux, a été lancée
en septembre 2007. On y présente des orientations
pour améliorer la qualité de l'offre
alimentaire dans les écoles primaires,
secondaires et les centres de formation professionnelle
et technique. Des adaptations ou des mesures spécifiques
pour les personnes à faibles revenus doivent
s'intégrer ou compléter les politiques
visant à améliorer l'environnement
alimentaire dans différents milieux.
Les politiques nutritionnelles
jumelées à des politiques sociales
: un défi
Les politiques nutritionnelles ont toutefois
leurs limites pour réduire les inégalités
sociales de l'alimentation. Les solutions à
long terme reposent aussi sur des mesures structurantes
complémentaires, comme les politiques liées
au revenu, au transport, au coût de l'énergie
et du logement. Celles-ci ont des effets directs
sur le pouvoir d'achat des individus et ont donc
le potentiel de réduire les inégalités
sociales de l'alimentation. Un grand défi
auquel les décideurs sont confrontés
est de planifier des politiques nutritionnelles
tout en influençant les politiques sociales
de façon à ce que le pouvoir d'achats
alimentaires puisse s'améliorer au sein
des groupes vulnérables.
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