|
Ce n'est que récemment que le développement
de l'activité physique a été
inscrit explicitement dans les politiques de santé.
Néanmoins, le rapport entre activités
physiques et santé demeure complexe puisqu'il
implique autant l'être dans son individualité
que dans son rapport aux autres, et questionne
les choix d'organisation de la société.
La prise en compte des activités physiques
comme facteur de protection et d'amélioration
de la santé implique une approche "
écologique " de la santé. Au
sens où cette approche accorde la même
importance aux variables personnelles et aux variables
dépendantes de l'environnement.
Le présent dossier fait état des
connaissances, des recherches et des expériences
réalisées sur ces questions. Il
montre en particulier la prise en compte des facteurs
individuels liés à la pratique régulière
d'activités physiques. Il souligne l'importance
de les différencier des activités
sportives. En effet, les activités physiques,
loin de se limiter à la pratique du sport,
peuvent être intégrées dans
la vie quotidienne à condition qu'un cadre
de vie propice le permette. De plus, des alliances
fructueuses peuvent être développées
entre promotion de l'activité physique
et promotion d'activités sportives, en
particulier de loisirs. Plaisir, accomplissement
personnel, qualité de vie collective dans
une société dans laquelle les citoyens
prennent une part plus active ; ces paramètres
constituent des leviers essentiels pour inciter
à la pratique de ces activités.
Les conséquences pour la santé
d'un déficit d'activité physique
sont largement mises en avant dans les médias.
Cependant des changements de comportements durables
ne peuvent être dissociés d'un projet
de société plus global offrant un
cadre de vie plus favorable à nos besoins
physiologiques, psychologiques et sociaux. D'où
l'intérêt d'alimenter ce débat
de société en informant les décideurs
et le grand public. Tous les professionnels que
nous avons sollicités pour ce dossier soulignent
qu'il faut certes travailler sur les facteurs
individuels, mais surtout entreprendre une analyse
plus approfondie des critères environnementaux
:
- les relations avec la famille et les amis, qui
peuvent renforcer ou faire obstacle aux activités
physiques ;
- les milieux de vie - école, entreprise,
quartier - dans lesquels s'inscrivent les relations
sociales ;
- les facteurs relevant de la société,
normes sociales et culturelles, qui participent
à la mise en place de ces activités
;
- l'environnement en terme d'infrastructures qui
conditionne leur réalisation.
Ces facteurs sont interdépendants dans
le sens où ils peuvent " interagir
" : une personne peut, par exemple, rassembler
autour d'elle un groupe qui va agir en faveur
d'une modification de son cadre de vie, dans un
sens d'une incitation à la pratique. Une
évolution de la norme sociale peut faciliter
ou faire obstacle à l'adoption ou au maintien
d'une activité physique. Cette approche
aide à identifier les facteurs qui interviennent
et à repérer ceux sur lesquels il
est possible d'agir, en particulier les facteurs
relevant de l'environnement.
Ce dossier de La Santé de l'homme
souligne les avancées significatives et
l'intérêt de la prise en considération
des facteurs individuels, il montre également
tout le chemin à parcourir par nos institutions
sociales et politiques pour faire figurer dans
leurs stratégies et programmes d'action
les conditions nécessaires en amont à
l'amélioration et au développement
durable de la santé des populations. Le
développement de la pratique de l'activité
physique en est un des maillons essentiels.
Pour en savoir plus, voir également
Vers l'éducation nouvelle, revue des
Ceméa, dont le dossier n°523 est consacré
à la thématique : Éducation
motrice, jeux et sports (juillet 2006 : p. 24
à 67). |