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Le dispositif " Partage des repas "
a été mis en place à partir
de 2003 dans le département de la Meuse
par la Mutualité française Lorraine,
Meuse et le pôle gérontologique -
centre local d'information et de coordination
gérontologique (Clic) de Bar-le-Duc. Objectif
: lutter contre l'isolement et la solitude des
personnes âgées. Ce dispositif a
été financé par la caisse
primaire d'Assurance Maladie et le conseil général
de la Meuse ainsi que le Contrat de ville du pays
Barrois. Deux fois par mois, des personnes âgées,
identifiées par les partenaires relais
du projet (centres communaux d'action sociale,
pharmacies, associations locales de personnes
âgées, médecins, services
de soins infirmiers à domicile, etc.) comme
étant isolées, sont invitées
à venir partager un repas dans une ambiance
conviviale.
Dans ce département, l'isolement s'explique
notamment par la spécificité du
territoire rural : habitat clairsemé, éloignement
par rapport aux lieux de vie, etc. Ce qui limite
le réseau relationnel des personnes âgées
et permet difficilement de créer et d'entretenir
des liens sociaux.
En septembre 2003, le pôle gérontologique
- Clic de Bar-le-Duc, a créé un
groupe de travail intitulé " Rompre
la solitude ", composé de maires et
de conseillers municipaux, de médecins,
d'aides à domicile, d'infirmières
de services de soins infirmiers à domicile
et de bénévoles d'association d'ergothérapeutes
; c'est ce groupe qui a décidé de
créer un dispositif de partage de repas.
La Mutualité française Lorraine-Meuse
est promoteur du projet, mené dans un premier
temps à titre expérimental sur la
commune de Velaines, de septembre 2004 à
septembre 2005.
Pour rompre l'isolement géographique,
le dispositif organise et prend en charge le mode
de transport le plus adapté à l'état
de santé de chacun, taxi, bus et covoiturage.
Les participants sont accueillis par des bénévoles
et des aides à domicile. En complément,
et pour renforcer le lien social, des ateliers
d'échanges ont été créés,
animés par un intervenant spécialiste
du thème abordé et se déroulant
sur place après le repas. Les personnes
âgées ont choisi, elles-mêmes,
les sujets de deux ateliers nutrition : le premier,
animé par une diététicienne,
portait sur l'équilibre alimentaire et
les besoins nutritionnels spécifiques des
personnes âgées. Le second concernait
le plaisir et la convivialité des repas
et était animé par une conseillère
en économie sociale et familiale. Deux
autres ateliers portaient sur les dispositifs
existant pour les personnes âgées
: aides sociales, allocation perte d'autonomie
(APA), rôle des instances locales de coordination
gérontologique, maisons de retraite et
familles d'accueil ; ils étaient animés
par le conseil général de la Meuse.
Les personnes âgées ont également
été associées au choix des
menus : lors d'un atelier d'échange, un
groupe de participants volontaires a ainsi établi
les menus des six repas suivants. Vingt-cinq partages
de repas ont été organisés
de septembre 2004 à octobre 2005, avec,
en moyenne par repas, trente-trois personnes accueillies.
Deux tiers des participants avaient plus de 75
ans et près de la moitié (48 %)
ont utilisé un des modes de transport proposés,
avec une préférence pour le bus
et le taxi, ce qui laisse penser que cela a favorisé
une participation régulière. Au
total, soixante-deux personnes ont participé
au partage de repas ; vingt d'entre elles étaient
très assidues et l'arrivée régulière
de nouveaux participants a permis d'entretenir
une dynamique.
Le partage de repas constitue une véritable
sortie pour les personnes âgées concernées,
qui se préparent, portent leurs bijoux
et se maquillent. Cela contribue à améliorer
l'image de soi, une image souvent fragilisée.
Au cours d'entretiens menés auprès
des participants par la responsable de l'activité
promotion de la santé de la Mutualité
française Lorraine-Meuse lors de l'évaluation
de l'action, la question du manque d'autonomie
a très souvent été évoquée
: les personnes âgées ne semblent
pas toujours se satisfaire du soutien procuré
par leur famille ; le dispositif permet d'alléger
leur dépendance vis-à-vis de leur
entourage, elles apprécient particulièrement
de pouvoir sortir sans être dépendantes
de leurs enfants, à qui elles n'osent pas
demander un accompagnement pour ces sorties qui
leur paraissent " superflues ". De leur
côté, les bénévoles
et les aides à domicile soulignent que
le projet est une véritable " aventure
humaine, créatrice de liens sociaux ".
Depuis octobre 2005, le dispositif a été
pérennisé dans la commune de Velaines,
qui l'a intégré aux actions municipales.
Parallèlement, les trois structures initiatrices
du projet ont été sollicitées
pour un soutien méthodologique par d'autres
communes intéressées. En 2005, deux
communes - Robert-Espagne et Trémont-sur-Saulx
- et, en 2006, l'instance locale de coordination
gérontologique du canton de Revigny-sur-Ornain
ont ainsi mis en place un dispositif similaire.
Les structures ont également élaboré
un guide méthodologique qui va permettre
aux autres collectivités ou associations
intéressées de disposer d'une base
de travail. Ce document doit être présenté
fin 2006 aux acteurs du département, professionnels
ou non, placés en lien direct avec des
personnes âgées.
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