|
En l'espace de cent ans, l'espérance de
vie globale de la population est passée,
en France, de 47 à 75 ans. Comment préserver
la qualité de ces années de vie
gagnées ? Comment rendre acteurs de cette
tâche les seniors eux-mêmes ? Comment
s'appuyer sur leur expérience et les aider
à modifier leurs éventuelles fausses
représentations ?
En 2003, la Mutualité sociale agricole
(MSA) a créé un agenda santé
des seniors. Conçu comme un support de
communication avec le médecin traitant,
il fait à la fois office de recueil de
conseils sanitaires et outil d'autosurveillance.
Après évaluation, cette première
initiative a été complétée,
à partir de 2004, par la création
des " ateliers du bien vieillir ". Leur
objectif est la modification des comportements
par l'acquisition de compétences cognitives
et psychocomportementales. Ces ateliers ont été
élaborés avec l'aide d'experts1
et reposent sur les données scientifiques
validées. Le vieillissement y est abordé
sous l'angle sanitaire mais aussi social, intellectuel,
spirituel, financier et de l'hébergement.
Les ateliers sont organisés au plus près
des populations sous forme d'un cycle de six modules
d'enseignement interactif en petits groupes de
quinze personnes environ, alternant exposés,
animations, exercices, activités physiques
et relaxation.
Dans un premier temps, la MSA organise une conférence
sur le bien vieillir à l'échelle
d'un canton. Les participants y reçoivent
un agenda santé des seniors et peuvent
s'inscrire aux ateliers du bien vieillir. Le cycle
de six ateliers se déroule à raison
d'une séance de trois heures, une fois
par semaine ou par quinzaine, dans l'ordre suivant
:
- Bien vieillir : bien dans son corps, bien
dans sa tête : représentations,
prise de conscience de la possibilité d'un
rôle actif, intégration des éléments
clés du vieillissement réussi.
- Nutrition et activité physique : pas
de retraite pour la fourchette ; bouger, c'est
la santé : équilibre alimentaire
et hydrique ; intégration d'activités
physiques au quotidien.
- Organes des sens, équilibre : les
cinq sens en éveil, garder l'équilibre
: organes des sens et autonomie, bien les entretenir,
compenser les déficits, prévenir
les chutes.
- Os, calcium, ostéoporose : faites
de vieux os : conséquences pour l'alimentation
et l'activité physique.
- Dormir quand on n'a plus 20 ans : facteurs
nuisibles, techniques cognitivo-comportementales
validées, éviter les somnifères.
- Médicaments et vieillissement : le médicament, un produit pas comme les
autres : connaître son traitement, consommation
excessive ou anarchique, automédication,
hygiène de vie à l'appui des médicaments.
Dans le but de rester proche de la population
rurale, les ateliers sont mis en place dans des
salles de bourgs ou de villages. À partir
de 2006, la MSA étend les ateliers du bien
vieillir à l'ensemble du territoire national.
Ils sont animés par des personnes possédant
une expérience d'animation et spécifiquement
formées à l'outil.
En 2005, trois cent cinquante et un seniors ont
participé à ces ateliers ; l'évaluation
qui en a été faite (par questionnaire
d'autoévaluation des comportements à
l'aide de grilles, adressé aux participants
un à deux mois après la fin des
séances) a montré, outre la satisfaction
des participants, que les connaissances progressent
et, surtout, que les comportements s'améliorent
de façon significative : consommation de
calcium, d'eau, de fruits et légumes, de
viande et de poisson, durée quotidienne
de marche et d'activité physique à
domicile, fréquence des activités
intellectuelles, attitudes par rapport au sommeil
(éviction des excitants, mise en uvre
des techniques cognitivo-comportementales, absence
de recours aux somnifères), attitudes vis-à-vis
du médicament (discussion du traitement
avec le médecin, connaissance des indications,
des effets indésirables, moyens facilitant
l'observance, recueil d'information fiable avant
automédication).
Pour mesurer ces modifications à plus
grande échelle, il faudrait multiplier
les ateliers du bien vieillir. La MSA souhaite
les inscrire dans les plans régionaux de
santé publique (PRSP) et engager, à
cette fin, une politique de développement
partenarial local avec, par exemple, les autres
régimes d'Assurance Maladie obligatoires
et complémentaires, les fédérations
d'associations de retraités, comme les
clubs d'Aînés ruraux ou les anciens
exploitants. |