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Les banques alimentaires participent via les
associations et les CCAS partenaires, à
l'alimentation de familles en situation de précarité.
" Pour un certain nombre de familles en
difficulté, l'aide alimentaire est devenue
une prestation sociale ", souligne Marie-Jo
Rozières, chargée des relations
avec les associations au sein de la Fédération
française des banques alimentaires (FFBA).
La distribution de denrées était
conçue à l'origine pour répondre
à l'urgence, or, actuellement, en France,
la durée de l'aide alimentaire pour une
famille peut aller jusqu'à quatre ou cinq
ans. D'où l'opportunité de distribuer
des produits satisfaisants sur le plan nutritionnel
et de former les bénévoles assurant
les distributions pour faire passer un message
d'alimentation-santé. En 2003, dans le
cadre du plan national " Alimentation et
insertion " initié par les pouvoirs
publics, la FFBA a donc mis en place dans huit
grandes villes un programme de formation de ses
bénévoles. L'idée de base
est que, dans un second temps, les personnes formées
deviennent à leur tour formatrices. Les
formations durent deux jours et la prestation
est assurée par un organisme extérieur.
Des recommandations
adaptées aux personnes en difficulté
Quelle information faire passer aux personnes
bénéficiaires, en l'occurrence un
public en difficulté ? Les recommandations
du Programme national nutrition-santé (PNNS)
ont été adaptées et transformées
en plusieurs préconisations :
- donner envie de se mettre à table (plaisir
et convivialité), de manger équilibré
pour préserver sa santé, de boire
de l'eau ;
- donner les clefs pour être attentif à
l'hygiène, pour concilier équilibre
alimentaire et petit budget.
" Il n'est pas question de transmettre
l'ensemble de ces préconisations lors d'une
distribution de produits alimentaires, cela doit
se faire de façon naturelle ; dans certains
cas, l'intervenant bénévole pourra
formuler une préconisation, dans d'autres
aucune ", indique Marie-Jo Rozières.
Il faut en effet que le récepteur soit
en mesure d'entendre le message, " ce
qui n'est pas facile ", ajoute-t-elle.
C'est la raison pour laquelle la première
préconisation (donner envie
) a consisté à travailler sur la convivialité.
La formation a permis aux bénévoles
de se sensibiliser aux problèmes nutritionnels
et à l'aspect qualitatif des distributions,
avec pour finalité de transmettre des messages
simples et ciblés. " Les intervenants
font souvent de la distribution sans accompagnement.
Ces formations sont fondamentales car elles permettent
de faire émerger le volet santé,
qui peut servir de support pour entrer en contact
avec la personne accueillie ", indique-t-on
à la Fédération des banques
alimentaires. Actuellement, toutes les associations
caritatives se préoccupent de placer davantage
au cur de leur action les personnes en difficulté
pour les aider à s'en sortir. Or l'alimentation,
en plus du volet santé, est un sas d'entrée
pour réaliser des actions d'intégration
sociale avec les personnes en difficulté.
Deux années après le lancement des
premières formations, un bilan vient d'être
dressé : fin 2004, mille deux cents bénévoles
avaient été formés. Sur les
soixante-dix-neuf banques alimentaires dénombrées
sur notre territoire, quarante-neuf s'y sont investies.
Ce programme s'est poursuivi en 2005 et la formation
est en cours d'évaluation. Pour la FFBA,
ces formations sont un " grand pas en
avant " ; mais le plus difficile reste
à faire : les étendre à un
nombre élargi d'intervenants, en s'appuyant
sur les acteurs locaux.
Difficile de distribuer
des produits " équilibrés "
Enfin, pour ce qui est du type de denrées
distribuées, les banques alimentaires tentent
de rapprocher leur panel de produits d'une alimentation
équilibrée. Les banques alimentaires
se mobilisent pour améliorer la diversification
des produits mais cette démarche n'est
pas toujours facile car elle dépend également
des quantités données gratuitement
par les partenaires agro-alimentaires (beaucoup
de viennoiseries, par exemple). Un effort est
fait au niveau des fruits et légumes et
des conserves de poissons. Si la banque alimentaire
ne peut distribuer certains produits, l'association
peut soit compléter, soit donner des conseils.
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