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Dans le cadre du Programme national nutrition
santé (PNNS), le Réseau de prise
en charge et de prévention de l'obésité
en pédiatrie en Ile-de-France et le service
de santé scolaire de la Ville de Paris,
en collaboration avec l'Académie de Paris,
ont élaboré un programme d'éducation
nutritionnelle et de lutte contre la sédentarité.
Il s'adresse aux enfants de moyenne section et
grande section de maternelle, âgés
de 4-5 ans, et à leurs parents. Il répond
principalement à deux des neuf objectifs
du PNNS : l'un est d'interrompre l'augmentation
de la prévalence de l'obésité
chez l'enfant, l'autre est de combattre la sédentarité.
Le service de santé scolaire de la Mairie
de Paris (133 000 élèves scolarisés
dans les écoles publiques, maternelles
et élémentaires, de Paris) a, dès
1996, été attentif à l'augmentation
de la prévalence de l'obésité
de l'enfant. En 1999, un dépistage systématique
de l'obésité lors du bilan de grande
section a été mis en place, et le
service s'est immédiatement inscrit dans
les actions du Réseau de prise en charge
et de prévention de l'obésité
en pédiatrie (Repop) en Ile-de-France,
réseau Ville-Hôpital associant trois
centres hospitaliers parisiens référents,
les médecins libéraux et les services
de PMI et de santé scolaire. En effet,
devant le problème majeur de l'obésité
chez l'enfant, une stratégie innovante
a été proposée, axée
sur l'enfant et ses parents, impliquant tous les
professionnels au contact de l'enfant dans un
projet cohérent et coordonné de
prévention, de dépistage le plus
précoce possible et de prise en charge
associant pluridisciplinarité, continuité
et qualité des soins. Une charte qualité
précise le cadre éthique et déontologique
des professionnels. C'est dans ce cadre que ce
programme de prévention a été
élaboré.
Le Haut Comité de la santé publique
dans son rapport " Pour une politique nutritionnelle
de santé publique en France " souligne
que :
- le 1er déterminant à la consommation
et des habitudes alimentaires est l'information
et l'éducation nutritionnelle ;
- le 2e déterminant relevé est le
rôle fondamental de la famille et de l'entourage
dans l'élaboration des comportements alimentaires
précoces des individus ;
- le 3e déterminant est le milieu scolaire,
qui constitue un lieu privilégié
d'information et d'éducation des enfants
et des adolescents.
Les programmes scolaires prévoient d'aborder
la nutrition. Pour les cycles 1 et 2 le domaine
d'étude s'appelle " Découvrir
le monde ". Il s'agit d'une sensibilisation
aux problèmes de l'environnement ainsi
qu'aux problèmes de santé, avec
la découverte du corps. Cette partie s'intéresse
à la composition des menus, à la
régularité des repas. L'éducation
physique est enseignée de l'école
maternelle au lycée, et en maternelle sous
la forme de psychomotricité.
La mission des médecins scolaires s'inscrit
dans une politique de promotion de la santé
et plus largement dans la politique générale
de santé publique.
La circulaire de l'Éducation nationale
du 1er décembre 2003, " la santé
des élèves ", précise
qu'une éducation nutritionnelle, conformément
au PNNS, a toute sa place à l'école.
Enfants et parents
adoptent un langage commun
Les objectifs généraux de ce programme
d'éducation nutritionnelle et de lutte
contre la sédentarité " Pikabouge
" visent à sensibiliser l'enfant à
la finalité de la nutrition, dans sa dimension
diététique, sociale et relationnelle
et à la lutte contre la sédentarité.
Ces objectifs ne peuvent être atteints que
s'ils sont relayés par les parents des
enfants ; c'est pourquoi, en parallèle,
un programme d'éducation pour les parents
a été élaboré, reprenant
point par point celui des enfants afin d'adopter
un langage commun et cohérent.
Cette cohérence est assurée également
grâce au personnel adulte entourant l'enfant
au quotidien au sein de l'établissement
scolaire, qui, une fois formé, intervient
de façon active dans le programme d'éducation.
Cette participation active du personnel permanent
de l'école garantit la pérennisation
d'un tel programme.
Ce programme, expérimental l'an dernier
sur six écoles maternelles, est aujourd'hui
inscrit par l'Académie de Paris dans son
" Plan quinquennal santé", selon
les recommandations de la circulaire du 1er décembre
2003.
Les objectifs pédagogiques concernent
deux éléments essentiels.
- L'éducation nutritionnelle :
- expliquer le trajet des aliments dans son corps
;
- faire le lien entre alimentation, croissance
et entretien du corps ;
- repérer les repas dans la journée
;
- reconnaître les groupes d'aliments ;
- identifier l'eau comme seule boisson indispensable
;
- reconnaître et rechercher le gras et le
sucré.
- L'activité physique :
- lutter contre la sédentarité ;
- être capable d'expliquer pourquoi il faut
bouger ;
- trouver des solutions pour bouger plus et mieux
;
- sentir son corps, se repérer dans l'espace.
Le public est celui des enfants de moyenne et
de grande sections de maternelle et leurs parents.
L'école, et donc l'équipe pédagogique,
est volontaire et a inscrit ce programme dans
son projet d'école.
L'ensemble des adultes qui prennent en charge
ces enfants sont impliqués : enseignants,
agents spécialisés d'école
maternelle, animateurs de cantine et du centre
de loisirs. Pour aboutir, le projet doit être
cohérent et l'enfant doit pouvoir s'appuyer
sur l'ensemble des adultes qui l'entourent. Les
services de restauration scolaire des différentes
mairies d'arrondissement mettent à disposition
des intervenants leur diététicien
quand ils en ont un à disposition.
Pikabouge, la souris
qui bouge
Les différentes étapes au sein
de l'école sont les suivantes :
- L'information générale des
parents d'élèves
Le directeur et le médecin scolaire informent
les parents de ce programme et de ses objectifs
ainsi que de son déroulement.
- La formation du personnel au sein de l'établissement
L'objectif est de permettre d'acquérir
un langage commun et cohérent au sein de
l'école. Cette formation est assurée
par le médecin scolaire, le diététicien
ou le référent Repop. Un document
est remis aux enseignants, décrivant les
différentes étapes des séquences
pédagogiques. Le matériel pour les
enfants est également remis et commenté
lors de cette séance de travail.
- L'intervention auprès des parents
Cette étape est conduite en parallèle
à l'étape précédente.
Un document est remis aux parents. Le guide enfants
de l'INPES est également distribué
et commenté. L'intervenant est le médecin
scolaire assisté par le référent
Repop ou le diététicien de la Caisse
des écoles. Tous les médecins scolaires
intervenant dans ce programme ont reçu
une formation par le Repop ainsi que les diététiciens
des caisses des écoles afin d'acquérir
un langage commun et cohérent.
- L'intervention auprès des enfants
Douze séquences pédagogiques sont
prévues, à étaler sur deux
ans.
Chaque séquence comprend un volet éducation
nutritionnelle et un volet lutte contre la sédentarité.
Ce travail auprès des enfants est mené
par l'enseignant. Des outils sont mis à
disposition des enseignants : un livret pédagogique
à leur usage, un cahier pour chaque enfant,
du matériel spécifique à
chaque séquence ; une famille de souris
va accompagner les enfants au cours des séances.
Chaque souris a un trait spécifique à
un comportement alimentaire ou à un groupe
d'aliments. Pikabouge, la souris qui bouge, conduit
les enfants tout au long du programme.
Chaque séquence comprend : l'élaboration
d'une histoire avec la souris du jour, un atelier
d'éducation nutritionnelle, une séance
de psychomotricité.
Les thèmes des séquences proposées
sont les suivants :
- Séquence " digestive " : le
voyage des aliments dans le corps (avec insistance
particulière sur le temps buccal) et éveil
du corps avec Pikabouge ;
- Séquence " bouger et grandir "
: pourquoi on mange et on boit ? établir
le lien entre alimentation et croissance, entre
alimentation et activité physique, avec
Pikabouge ;
- Séquence " rythme " : le rythme
des repas, associer repas, rythme et lieu (notion
de grignotage), rythme activité physique
et repos, avec Grignoton la souris qui grignote
;
- Séquence " assiette " : repérer
les quantités, notion de portion, avec
Glouton, la souris qui mange trop ;
- Séquence " bleue " : le lait
et les produits laitiers, leur apport, découverte
de l'ossature et du squelette. La souris du jour
est Blancho ;
- Séquence " rouge " : la famille
viande-poissons-ufs, leur provenance, leur
utilité, leur consommation une fois par
jour suffit, découverte des muscles de
son corps, relation mouvement/muscle, avec Musclor
;
- Séquence " verte " : reconnaître
et nommer les fruits et légumes, leur utilité,
cinq fruits ou légumes par jour ; les souris
du jour sont Frutti et Verdi ;
- Séquence " marron " : reconnaître
et citer les aliments de la famille des céréales
et féculents, leur rôle, un à
chaque repas, notion de dépense d'énergie
en bougeant avec Patapin ;
- Séquence " jaune " : repérer
le gras, repérer qu'il peut être
caché, ne pas en rajouter, bouger c'est
dépenser de l'énergie, avec Grabidou
;
- Séquence " rose " : retrouver
le sucre dans les aliments, le plaisir mais aussi
le fait qu'il fait grossir, ne pas en rajouter,
son rôle dans l'apparition des caries, la
nécessité d'un brossage des dents
; la souris du jour est Bonbonnette ;
- Séquence " transparente " :
reconnaître l'eau, élément
indispensable à la vie, valoriser la natation
avec Hydreau ;
- Séquence " arc-en-ciel " :
séquence de révision de l'ensemble,
composer un repas arc-en-ciel.
Pérenniser
et développer le programme
Une évaluation suite à l'expérimentation
l'année précédente a été
réalisée par un organisme extérieur,
le laboratoire d'éthique médicale
(Ceben). Cette évaluation est en cours
d'analyse. Un premier bilan retient la pertinence
du sujet et des acteurs et sa faisabilité.
Un bilan avec les enseignants nous a permis d'adapter
les différentes séquences pédagogiques.
Un questionnaire avant-après précisant
l'état des lieux dans l'école, dans
les classes (organisation de la journée,
prise de collation, activité physique,
restauration scolaire, etc.) est renseigné
par le directeur et chaque enseignant. De même
pour les parents un questionnaire avant-après
leur est remis, il est anonyme et renseigne les
rythmes de vie des enfants et leur comportement
alimentaire.
Toutes les écoles de la phase expérimentale
ont désiré reconduire le programme
cette année. Les parents ont bien accueilli
cette action même s'ils n'ont assisté
aux réunions organisées qu'en petit
nombre, mais le retour important de questionnaires
a montré, de leur part, un grand intérêt.
Les enseignants concernés ont également
été très positifs et ont
apporté quelques modifications par rapport
à ce qui avait été proposé
dans le programme expérimental : faire
cette action si possible sur deux ans, certaines
séquences leur paraissent plus adaptées
aux enfants de grande section.
Les écoles inscrites se sont portées
volontaires. Certains directeurs étaient
prêts à entrer dans cette dynamique,
mais le volontariat de l'équipe pédagogique
était un préalable indispensable.
Le programme a été présenté
aux inspecteurs de toutes les circonscriptions
et également lors de réunions, animées
par le Repop à l'initiative de maires d'arrondissement,
avec les parents et les enseignants sur le thème
de la collation.
Un travail de réflexion débute
afin de prévoir une suite à ce programme
en élémentaire. À ce jour,
il est prévu que les médecins scolaires
doivent assurer ce lien et informer les enseignants
qui accueillent les enfants qui ont suivi l'année
précédente ce programme. Un frein
à prendre en compte est le temps dévolu
à cette action pour le médecin scolaire,
dont la charge de travail ne cesse d'augmenter.
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