Actualités Inpes
Des enquêtes transversales, répétées dans le temps, téléphoniques, déclaratives, et reposant sur un échantillon aléatoire représentatif de la population résidant en France métropolitaine
10-02-2012
Les enquêtes Baromètre santé de l’Inpes portent sur les connaissances, les attitudes, les croyances et les comportements de la population face à la santé. Elles reposent sur des échantillons représentatifs de la population qui répond lui-même à un questionnaire. Elles sont ainsi dites « déclaratives » car les sondés déclarent leurs comportements en répondant à des questions (fermées dans le cas des Baromètres). Elles se distinguent ainsi des statistiques administratives ou de relevés par observations directes (nombre d’accidents au travail, nombre de litres d’alcool vendu, etc.) mais aussi d’enquêtes expérimentales de type essai clinique qui mesurent les effets d’une médication et a lieu dans un cadre contrôlé. La surveillance des comportements de santé de la population est réalisée depuis 1992 par l'Inpes (anciennement CFES) par de telles enquêtes périodiques. Leurs résultats sont publiés dans la collection « Baromètres santé » ou « Études santé ». Ces enquêtes téléphoniques répétées sont aussi « transversales » car chaque enquête permet d’obtenir un « cliché » à un instant t d’un état sanitaire donné. D’une vague à l’autre (tous les 3 à 5 ans), les enquêtes n’interrogent pas les mêmes personnes (de 25 à 30 000 pour les Baromètres multithématiques), tirées au sort selon un échantillonnage aléatoire. Les Baromètres santé se distinguent sur ce point des enquêtes longitudinales qui suivent les mêmes individus dans le temps. L’un des objectifs primordiaux des Baromètres santé est aussi d’atteindre une bonne représentativité de la population résidant en France. L’image renvoyée par l’échantillon doit la refléter fidèlement dans ses proportions et doit aussi inclure tous les profils d’individus présents dans la société française, y compris les moins enclins à participer à ce type d’enquête. D’où le soin particulier apporté au processus de sélection (tirage au sort de numéros de téléphones), les efforts pour interroger les individus plus difficiles à joindre : lettre annonce, nombre d’appels et variation des horaires, rappel des refus… ) et le choix d’un vaste échantillon : plus de 27 000 personnes pour le Baromètre santé 2010. Ce dernier doit en effet permettre la surveillance de la population mais aussi de sous-populations spécifiques comme les jeunes, les retraités, les chômeurs, les habitants de telle ou telle région, etc.
Déroulement de l’enquête par téléphone
Le téléphone a permis de nombreux progrès dans les enquêtes de santé publique. Les enquêtes téléphoniques sont moins coûteuses, plus faciles à encadrer et plus rapides que les enquêtes en face-à-face. En France, 99 % de la population est joignable par téléphone, néanmoins, la révolution récente de la téléphonie a obligé les concepteurs des enquêtes à revoir leur méthode de sélection afin de pouvoir atteindre différents types de populations : abonnés au téléphone fixe (parmi lesquels ceux qui sont sur liste rouge), possesseurs exclusifs de téléphone portable, etc. En effet, la proportion de ceux qui ne sont joignables que par téléphone portable a beaucoup augmenté pour atteindre 15 % ces dernières années. Pour les deux derniers exercices du Baromètre santé, un échantillon des mobiles exclusifs a donc été constitué de manière indépendante de celui des lignes fixe.
Les personnes sondées sont donc tirées au sort au moyen de numéros de téléphone générés au hasard et invitées par l’enquêteur à répondre à un questionnaire dont les réponses seront ensuite traitées de manière anonyme. Pour les enquêtes en population générale, le mode de tirage est dit « à deux degrés » : un premier tirage au sort est effectué dans une base de numéros téléphoniques afin d’obtenir un ménage. Un deuxième tirage au sort détermine ensuite quel individu sera interrogé à l’intérieur même du ménage. Le terrain d’enquête du Baromètre santé 2010 s’est déroulé tous les jours de la semaine sauf le dimanche, de 16 heures à 21 heures (de 10 heures à 18 heures le samedi). La durée du questionnaire a été ramenée à 35 minutes en moyenne en 2010.
L’Inpes attache beaucoup d’importance à la formation des enquêteurs (il emploie un organisme spécialisé dans la surveillance du terrain d’enquête), c'est-à-dire le respect des procédures mais aussi le soutien des enquêteurs dans leur travail. Les chercheurs de l’Inpes assistent par ailleurs régulièrement aux passations de questionnaires, ce qui leur permet d’interpréter avec plus de finesse les analyses statistiques qu’ils feront ultérieurement. Les questions respectent les critères internationaux et sont répétées à l’identique d’une enquête à l’autre. L’anonymat et le respect de la confidentialité sont garantis et, conformément aux recommandations de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), les thèmes les plus sensibles (comme les addictions, la santé mentale, les comportements sexuels...) ne sont pas posés aux moins de 15 ans. Avant tout appel téléphonique, une lettre à en-tête est envoyée à tous les ménages sélectionnés dont l’adresse a pu être retrouvée dans l’annuaire inversé, afin notamment de minorer les refus de participation. La qualité dans la méthode d’enquête est un souci permanent de l’Inpes.
Thèmes traités
Les Baromètres santé traitent d’un nombre très important de thèmes de santé publique. Il en existe des multithématiques (voir les sujets traités de l’encadré 1) dans lesquels plusieurs thématiques sont traitées. C’est le cas des Baromètres santé menés de 1992à 2000 et en 2005 et 2010 (voir la chronologie des enquêtes de l’encadré 2). D’autres baromètres traitent d’une seule thématique de santé, soit du fait de la spécificité de la méthode nécessitant une enquête spécifique (Baromètre santé Nutrition mené en 1996, 2002 et 2008), soit d’un besoin d’informations des pouvoirs publics sur une thématique particulière (Baromètre Cancer 2005 et 2010, Baromètre santé Environnement 2007).
Populations interrogées
Il est nécessaire d’évaluer les besoins de prévention au niveau de la population dans son ensemble mais aussi en distinguant des sous-populations. La population « privilégiée » des Baromètres santé est la population générale de la métropole mais même si les grands échantillons (n=30 000 en 2005 et 2010) permettent la production de données régionales (une analyse des spécificités régionales en matière d’alcoolisation, l’Atlas régional des consommations d’alcool 2005, a ainsi été publiée en partenariat avec l’OFDT) ; l’aspect régional est en plus développé avec la participation des régions (d’où des échantillons régionaux supplémentaires).
Ainsi pour la première fois en 2000, et pour répondre aux demandes d’analyses régionales, cinq sur-échantillons avaient été réalisés dans les régions Alsace, Nord Pas-de-Calais, Pays de la Loire et Picardie pour les 12-25 ans et Poitou-Charentes pour les 12-75 ans. En 2008, dans le Baromètre santé Nutrition, huit échantillons régionaux d’environ 1 000 adultes chacun ont été menés dans les régions Franche-Comté, Haute Normandie, Île -de - France, Languedoc-Roussillon, Nord Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Picardie et Champagne-Ardenne. En 2010, neuf échantillons régionaux ont de même été ajoutés à l’extrait de l’enquête nationale (Auvergne, Champagne-Ardenne, Midi-Pyrénées, Pays de la Loire, Poitou-Charentes, Picardie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Haute Normandie), tandis que deux régions (Aquitaine et Île de France) se sont contentées de récupérer l’extrait de l’enquête nationale correspondant à leurs résidents dans la mesure où ceux-ci étaient assez nombreux.
Les enquêtes de l’Inpes ne se limitent pas non plus à la France métropolitaine. Une enquête en population générale a aussi été conduite en 2011 aux Antilles et en Guyane afin de caractériser les connaissances de la population sur le VIH/Sida, son attitude à l'égard des personnes touchées par le virus, sa perception des risques de contamination, etc. D’autres enquêtes sont menées auprès de professionnels de santé comme les médecins généralistes depuis 1992 (le Baromètre santé médecins généralistes 2009, sorti en 2011, a interrogé un échantillon représentatif de 2 083 médecins,), des pharmaciens d'officine, ou encore des personnes en situation de handicap (Baromètre santé Sourds et Malentendants (BSSM) 2011, dont les résultats sont attendus au 2nd semestre 2012), ou la population sans domicile (enquêtes en partenariat avec l’Insee, le Samu social et l’OFDT).
Ce type d’enquête permet également de repérer, de suivre et de comparer à la population générale, les populations qui ont des besoins préventifs spécifiques. Suivant les thèmes abordés, il peut s’agir des jeunes, des retraités, des peu diplômés, des actifs sans emploi, de telle ou telle catégorie sociale ou secteur d’activité… Au-delà de la portée descriptive des analyses par situations socioprofessionnelle et économique, le Baromètre santé peut ainsi contribuer à mieux mesurer et mieux comprendre les inégalités sociales de santé.
