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Perceptions, connaissances et attitudes en matière d'alimentation
26/01/2010
Comparé à 1996 où « manger » représentait d’abord un « acte indispensable pour vivre », en 2008, c’est le plaisir gustatif qui est évoqué en premier, par plus d’un quart de la population adulte. La « santé » et le « budget » sont les facteurs influençant la composition des menus qui ont connu le plus grand essor, au détriment du « temps de préparation ». Parallèlement, faire la cuisine représente pour plus de neuf personnes sur dix une manière de manger sain et un acte convivial.
« Manger équilibré » signifie, pour les personnes interrogées, essentiellement « manger varié », « favoriser certains aliments » comme les fruits et légumes et, dans une moindre mesure, « éviter certains aliments » comme les produits gras ou salés.
Plus des trois quarts de la population estiment manger de façon équilibrée — une opinion en augmentation de trois points depuis 1996. Plus d’une personne sur deux considère suffisante sa consommation de fruits et légumes, et huit sur dix de produits laitiers. Depuis 2002, le facteur « prix des fruits et légumes » est un obstacle à leur consommation de plus en plus prégnant dans l’esprit des personnes interrogées : la citation de ce facteur a plus que doublé en six ans, passant de 14,8 % en 2002 à 42,9 % en 2008 pour les fruits, et de 15,4 % à 37,1 % pour les légumes.
Depuis 1996, de plus en plus d’individus estiment être bien informés sur l’alimentation (80,9 %), essentiellement grâce aux médias pour un individu sur deux, mais de moins en moins par les professionnels de santé (25,1 % en 1996 vs 19,0 % en 2008). Moins d’une personne sur deux (44,1 %) lit les informations nutritionnelles sur les emballages des produits et, parmi celles-ci, 54,3 % trouvent ces informations faciles à comprendre. Ce dernier chiffre a d’ailleurs nettement baissé depuis 1996, où il était de 80,4 %. Interrogés sur le caractère vrai ou faux d’une série d’affirmations, les Français obtiennent un score moyen de connaissance de 6,4 sur 10, score en augmentation significative depuis 2002. Quant aux repères de consommation alimentaire du PNNS, 61,8 % des personnes âgées de 12 à 75 ans citent le repère relatif aux fruits et légumes (« au moins 5 fruits et légumes par jour »), 63,1 % celui du groupe « viandes et volailles, produits de la pêche, oeufs » (75,0 % celui du poisson), 30,8 % celui des produits laitiers et 10,3 % celui des féculents. Comme lors des enquêtes précédentes, les femmes présentent un rapport à l’alimentation beaucoup plus axé sur la santé que les hommes, même si, depuis 1996, ce sont chez ces derniers que le facteur « santé » semble influencer de plus en plus les choix alimentaires. Pour les femmes, cuisiner est surtout un « moyen de manger sain », et manger évoque d’abord « une chose indispensable pour vivre » ou « un moyen de conserver la santé » avant « un plaisir gustatif », alors que les hommes citent ce dernier item en deuxième position. De plus, elles sont plus nombreuses :
- à lire les informations nutritionnelles des produits qu’elles achètent ;
- à se sentir bien informées sur l’alimentation ;
- à connaître les repères nutritionnels du PNNS ;
- à juger leur alimentation équilibrée, estimant notamment plus fréquemment que leur consommation en fruits et légumes est suffisante et que leur consommation en matières grasses n’est pas trop élevée ;
- à être influencées par le facteur « budget » dans la préparation des menus (et elles le sont davantage depuis 2002) ;
- à considérer que le prix des fruits et légumes représente un frein à la consommation de ces aliments ;
- à déclarer suivre un régime pour maigrir ou avoir des habitudes alimentaires spécifiques (végétariennes ou autres) ; mais si le pourcentage de femmes faisant un régime pour maigrir avait augmenté de 30 % entre 1996 et 2002, celui-ci s’est stabilisé en 2008.
Plus on avance en âge, plus la dimension santé de l’alimentation est prise en compte par les individus : à partir de 50 ans, manger représente davantage un « moyen de conserver la santé » au détriment d’un plaisir gustatif, et le fait de cuisiner est essentiellement une « façon de manger sain ». De plus, la santé est le facteur qui est le plus souvent pris en compte dans la préparation des menus. Le niveau d’information sur l’alimentation perçu est significativement supérieur à toutes les autres tranches d’âge, mais les connaissances concernant les repères nutritionnels du PNNS semblent inférieures à celles des plus jeunes : si les plus de 55 ans citent plus souvent que les plus jeunes la fréquence hebdomadaire de consommation du poisson recommandée, le message « au moins 5 fruits et légumes par jour », le repère sur les produits laitiers et la fréquence quotidienne de consommation du groupe « viandes et volailles, produits de la pêche, oeufs » sont moins cités. Cependant, ils se montrent bien plus satisfaits de leur consommation de ces aliments que les plus jeunes et, de manière plus globale, ils sont, parmi tout l’échantillon, les plus nombreux à considérer manger équilibré. Chez les jeunes adultes, les « préférences personnelles » prédominent sur les autres facteurs d’influence des choix alimentaires. Parallèlement, si l’on constate une diminution progressive de la perception de manger équilibré à partir de 15-16 ans, les repères nutritionnels du PNNS sont mieux connus par les moins de 26 ans que par leurs aînés.
Après ajustement sur la population des 26-75 ans, certaines représentations, perceptions et connaissances semblent fortement liées à la profession et catégorie socioprofessionnelle, ainsi qu’aux niveaux de diplôme et de revenu par unité de consommation des personnes interrogées. Ainsi, pour près de deux fois plus de cadres que d’ouvriers, « manger » évoque le plaisir gustatif et, plus les niveaux de revenu et de diplôme sont élevés, plus le plaisir gustatif est cité. On observe également une relation inverse entre la perception de son équilibre alimentaire et le niveau de revenu.
Quant aux connaissances, le niveau de diplôme influe de manière positive sur tous les éléments testés, excepté ceux liés aux repères « fruits et légumes » et « produits laitiers ». Le revenu intervient pour le repère relatif au groupe « viandes et volailles, produits de la pêche, oeufs » et celui des fruits et légumes : les niveaux de citation diminuent avec la baisse du niveau de revenu. Parallèlement, le coût des fruits et légumes est évoqué pour expliquer une consommation insuffisante de fruits et légumes par les personnes disposant des revenus les plus faibles.
