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Prise en charge des addictions par les médecins généralistes
23/06/2011
En 2009, près de deux tiers des médecins généralistes ont vu au moins un usager dépendant aux opiacés au cours de l’année et 59 % ont reçu au moins un usager de cannabis en consultation. En revanche, seul un médecin généraliste sur cinq déclare avoir vu au moins un patient pour un produit stimulant tel que la cocaïne, l’ecstasy ou les amphétamines au cours de l’année. Parmi ceux qui voient au moins une personne dépendante aux opiacés par mois, 87 % prescrivent des traitements de substitution. La part de la buprénorphine haut dosage est prédominante parmi les prescriptions : 77 % des médecins prescrivent de la BHD, générique ou Subutex® (vs 85 % en 2003), 38 % de la méthadone (vs 13 % en 1998 et 26 % en 2003) et 15 % un autre traitement (vs 7 % en 2003).
La participation à un réseau d’addictologie, qu’il s’agisse du tabac, de l’alcool, ou, le plus souvent, des drogues illicites, concerne 5 % des médecins généralistes. Près des deux tiers des médecins généralistes déclarent aborder la question de la consommation de tabac au moins une fois avec chaque patient, illustrant la diffusion des pratiques de sevrage tabagique en médecine de ville. Pour l’alcool (23 %), et surtout pour le cannabis (8 %), le repérage se fait de manière moins systématique : environ 70 % des généralistes déclarent ne l’aborder que pour certains patients jugés « à risque ». Quel que soit le produit, le repérage systématique est plus souvent effectué par les femmes et se révèle très lié au fait d’appartenir à un réseau d’addictologie.
Le recours à des outils d’aide au repérage de la dépendance semble avoir fortement progressé. Plus d’un tiers des médecins (34 %) déclarent utiliser en consultation des questionnaires d’aide au repérage de la consommation de tabac, alors qu’ils n’étaient que 6 % en 2003. L’utilisation de questionnaires standardisés sur les consommations d’alcool apparaît nettement moins fréquente : 13 % des médecins y ont recours. Cette pratique apparaît également en forte hausse depuis 1998 (ils étaient 1,4 % en 1998 et 2,0 % en 2003). Elle est plus fréquente parmi les médecins qui appartiennent à un réseau d’addictologie. L’utilisation de questionnaires de repérage des consommations de cannabis ne concerne quant à elle que 2 % des généralistes. La prise en charge des usagers de cannabis apparaît particulièrement liée à la propension du médecin à aborder la question du cannabis de sa propre initiative, sans attendre une éventuelle demande du patient.
La part des médecins déclarant avoir vu un patient pour un sevrage tabagique au cours des sept derniers jours (69 %) est stable depuis 2003, après une hausse significative entre 1998 et 2003. La part de ceux déclarant en avoir vu au moins un pour un sevrage thérapeutique en alcool (52 %) est stable depuis 1998. Elle s’avère cependant très liée à la facilité à aborder ces consommations, elle-même liée au fait de pouvoir s’appuyer sur des directives institutionnelles ou des outils de repérage validés.
Les opinions des médecins sur les drogues sont relativement stables sur certaines questions : 85 % des médecins généralistes pensent que « les toxicomanes sont avant tout des malades », près de 90 % considèrent qu’ils ne « se conforment pas aux prescriptions médicales ». Concernant le cannabis, 96 % pensent que son usage présente un risque important pour la santé et 92 % qu’il ne « faut pas le mettre en vente libre », ce qui témoigne d’une généralisation de ces deux points de vue au regard des enquêtes précédentes. Seulement 20 % déclarent qu’« il est normal d’essayer le cannabis au moins une fois dans sa vie ».
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