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Alcool
14-03-2002
En France, la consommation d'alcool excessive et/ou prolongée reste l'un des déterminants majeurs de morbidité, de mortalité et de problèmes sociaux. Pour cette raison, les auteurs du Baromètre santé 2000 ont analysé en détail le profil des différents consommateurs. Seuls 3,5 % des 12-75 ans déclarent n'avoir jamais bu de boissons alcooliques (2,4 % des 20- 75 ans). Toutefois, ces habitudes sont largement différenciées selon le sexe et l'âge. De façon générale, les hommes sont beaucoup plus consommateurs que les femmes et l'observation des fréquences de consommation fait apparaître des contrastes entre générations. Ainsi, parmi les 12-75 ans, 19,3 % ont déclaré avoir bu de l'alcool tous les jours au cours des douze derniers mois, les hommes presque trois fois plus souvent que les femmes (27,8 % vs 11,2 %). Cette prise quotidienne est très certainement un phénomène de génération : quasi inexistante chez les 12-25 ans, elle augmente ensuite fortement avec l'âge : entre 65 et 75 ans, 64,9 % des hommes et 33,1 % des femmes déclarent boirent de l'alcool quotidiennement. La consommation hebdomadaire (au moins une fois par semaine au cours des douze derniers mois) concerne davantage les jeunes : elle est le mode de consommation majoritaire des 20-44 ans (environ 60 % des hommes et 40 % des femmes).
Les produits
La boisson alcoolique la plus souvent consommée chez les 12-75 ans est le vin : il est bu quotidiennement par 17,5 % de la population, la bière par 2,6 %, les alcools forts et les autres alcools par moins de 1 % des Français. Les modalités de consommation de ces boissons sont différentes : consommation quotidienne pour le vin, surtout chez les adultes ; consommation hebdomadaire pour la bière et les alcools forts, plutôt chez les jeunes ; enfin, consommations plus rares pour les autres alcools (cidre, panaché, champagne, etc.). La bière est la boisson la plus masculine ; les alcools forts et les autres alcools sont celles pour lesquelles les différences entre les sexes sont les plus faibles. Le vin occupe une position intermédiaire, tout en étant nettement plus masculin.
Quantités bues
Chez les hommes, le nombre moyen de verres absorbés la veille est de 2,9 ; les quantités les plus importantes sont déclarées par les 20-25 ans et les 55-64 ans (3,3 et 3,2 verres). Chez les femmes, le nombre moyen de verres bus la veille est 1,7 et ce sont les 15-25 ans qui déclarent les consommations les plus importantes (2,0 verres). Parmi les hommes, au contraire des femmes, les quantités déclarées varient sensiblement suivant la fréquence de consommation : 3,3 verres pour les buveurs quotidiens ; 2,7 verres pour les buveurs hebdomadaires ; 2,0 verres pour les buveurs mensuels.
Ivresses au cours de l'année
15,8 % des personnes ayant bu de l'alcool au cours de l'année déclarent au moins un épisode d'ivresse durant cette période, les hommes trois fois plus fréquemment que les femmes (23,1 % vs 8,3 %). Ces déclarations varient significativement en fonction de l'âge, avec un pic chez les 15-25 ans. Ainsi, si le nombre moyen d'ivresses déclarées au cours de l'année par ceux qui déclarent une ivresse est de 4,4 (5,0 pour les hommes et 2,8 pour les femmes), il est maximal entre 20 et 25 ans (7,4 ivresses chez les hommes et 3,4 ivresses chez les femmes), à un âge où la consommation quotidienne est très rare.
Consommations « à risque»
8,6 % des enquêtés de 12 à 75 ans seraient (ou auraient été) potentiellement dépendants à l'alcool selon le test Deta, soit environ 4 millions de personnes. Ce risque de dépendance est trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes (13,3 % vs 4,0 %), maximal entre 45 et 54 ans, et concerne davantage les consommateurs quotidiens d'alcool.
Profil socio-économique des consommateurs
À âge et sexe comparables, les associations entre les indicateurs étudiés et la situation professionnelle, le niveau d'études ou le revenu du foyer sont très diversifiés. Ainsi, la consommation quotidienne au cours des douze derniers mois est un peu plus fréquente parmi les personnes de niveau d'études ou de revenus peu élevé ou encore chez les agriculteurs, les artisans commerçants ou chefs d'entreprise. En revanche, les ivresses répétées (plus de trois au cours de l'année) ou la dépendance potentielle à l'alcool mesurée par le test Deta concernent plus souvent les sujets dont le foyer a des revenus élevés. Par ailleurs, le fait que cette dépendance potentielle soit plus fréquente parmi les travailleurs indépendants et les personnes au chômage montre que le niveau de vie n'est pas la seule variable pertinente pour l'appréhender.
Géographie des consommations
Le Baromètre santé 2000 permet de mettre en évidence des consommations géographiquement différenciées pour les principaux indicateurs de consommation, entre d'une part, l'est et l'ouest de la France (prévalence de l'ivresse plus élevée sur la façade atlantique), et d'autre part, le nord et le sud (consommation quotidienne plus fréquente dans le sud).
