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Le dernier numéro de La Santé de l’homme consacre son dossier central (34 pages) à l’émergence d’Internet et des réseaux sociaux dans l’éducation à la sexualité
29-06-2012
Les réseaux sociaux occupent une place prépondérante dans l’accès des jeunes à l’information et dans la gestion de leurs relations interpersonnelles. Ceci entraine des répercussions importantes sur la manière dont les adolescents d’aujourd’hui entrent en relation. Dans le domaine de la santé sexuelle, l’irruption d’Internet et des réseaux sociaux modifie les modes relationnels des adolescents et des jeunes entre eux, et ce qu’ils donnent à voir de leur vie et de leur intimité. Le dernier numéro de La Santé de l’homme (n°356) consacré à l’éducation à la sexualité datait de novembre-décembre 2001. On n’y parlait pas encore des réseaux sociaux et d’Internet. Depuis, leur avènement a bouleversé le rapport des adolescents à l’information. En 2010, 99 % des 12-17 ans se sont connectés à Internet, soit à leur domicile, soit sur leur lieu d’études ou de façon nomade, alors qu’en 2001, seuls 4 % de la population étaient connectés.
Le 418e Santé de l’homme (mars-avril 2012) est intitulé « Éducation à la sexualité, du social à l’intime : l’émergence d’Internet et des réseaux sociaux (pdf, 874 Ko) » par clin d’œil à son prédécesseur sur le même thème, le n°356 (novembre-décembre 2001) qui avait pour titre « Éducation à la sexualité, de l’intime au social (pdf, 1,2 Mo) ».
Ce numéro a été conçu pour prendre en compte ce nouveau contexte médiatique, avec pour question centrale : Internet – sexualité – adolescents : vrais changements ou représentations ? La question du rapport qu’entretiennent les adolescents à leur intimité et à celle des autres y est posée, de même que celle de la pornographie comme « outil d’éducation à la sexualité » a pu l’être. La revue vise à faire un point le plus précis possible sur ces questions. Quelle est la place des nouveaux médias dans l’éducation à la sexualité des jeunes ? Comment le boum des réseaux sociaux et d’Internet influence-t-il le rapport des jeunes à la sexualité, leur relation à l’intime, leurs pratiques ? Comment influence-t-il les pratiques en éducation pour la santé ? Le développement des réseaux sociaux et cette nouvelle forme d’échange mettent-ils en péril l’intimité et les capacités à développer des relations « dans la vraie vie » ? Comment ces réseaux influencent-ils le regard porté par les adultes sur cette question ? Comment s’inscrivent-ils dans un contexte plus large lié aux conditions de vie des adolescents et de leur famille ? En quoi faut-il aujourd’hui questionner à nouveau les contenus de nos programmes de santé sexuelle, tant du point de vue des contenus que des outils ?
Ce numéro de La Santé de l’homme rassemble ainsi les articles de trente experts qui dressent l'état des connaissances et des pratiques sur la question. Virginie De Luca Barusse présente les liens entre l’usage d’Internet et les représentations de la sexualité chez les jeunes. Yaëlle Amsellem-Mainguy dresse un tableau d’internet comme moyen d’information sur la sexualité. Florian Voros analyse la controverse autour de la pornographie et de son rôle supposé sur la représentation que les jeunes se font de la sexualité. Jocelyn Lachance lève le voile sur les rituels d’interactions et de séduction via Internet et les réseaux sociaux, toujours pour les adolescents. Philippe Liotard explique en quoi les réseaux sociaux participent à l’expression de l’identité et à la socialisation des jeunes. Serge Lesourd revient sur le rôle des parents en matière d’information sur la vie affective et sexuelle. Chantal Picod explique comment les formateurs en éducation à la sexualité ont intégré ce nouveau paramètre des réseaux sociaux. C’est aussi ce qu’a fait Fil Santé Jeunes, service d’écoute téléphonique qui a développé son service sur internet. Marie-Pierre Martinet (Mouvement français pour le planning familial), Françoise Guerras (Centre de planification et d’éducation familiale), Valérie Villain (Instance d’éducation et de promotion de la santé) et Agnès Sztal (Centre régional d’information et de prévention) apportent leur témoignage. Le dossier est coordonné par Bruno Housseau (Inpes) et Anne Laurent-Beq (MGEN). La revue présente aussi les résultats d’une étude menée auprès des jeunes mères (moins de 21 ans) pour examiner l’impact de la maternité sur leur insertion économique et sociale et le décryptage du film « 17 filles » qui peut servir de support à des interventions en promotion de la santé auprès des jeunes (rubrique cinésanté).
Une réflexion amorcée par l’Inpes
La diversité des points de vue et des positionnements et le constat posé d’un manque de travaux sur cette question révélés dans ce dossier montrent que le débat reste ouvert et que les adolescents, dans le domaine de la sexualité comme dans d’autres, ne constituent pas un groupe homogène. Or, dans un contexte où 44 % des adolescents recherchent des informations sur leur sexualité via le Web (Y. Salmon, N. Zdanowicz, Net, sex and rock’n roll ! Les potentialités d’un outil comme Internet et son influence sur la sexualité des adolescents, in Sexologies 16), la façon dont les 15-24 ans utilisent ce média mérite que l’on se penche sur la question : 9 sur 10 y ont recours de manière quotidienne et massive, et une majorité sur un mode récréatif (Médiamétrie-barobase – Service d’Information du Gouvernement 2010). Communiquer avec ses pairs, accéder à une information et à des loisirs en accord avec ses centres d’intérêts restent également au cœur des motivations des jeunes internautes. L’Inpes, par son offre de prévention et d’aide à distance en santé utilise ainsi Internet pour mettre à disposition une information ou un service, tout en ayant la possibilité d’offrir une réponse individualisée. Le Web permet de délivrer un message au plus grand nombre mais il permet aussi de toucher un public de manière affinitaire (populations spécifiques comme les femmes, les jeunes, etc.), ou encore communautaire (partageant des centres d’intérêt, échangeant sur des forums, réseaux sociaux, etc.) et personnalisée (abonnements à des flux RSS, applications mobiles, aides à distance, etc.). La campagne d’information et d’incitation au dépistage des IST – www.info-ist.fr – et le dispositif www.onsexprime.fr qui informe les jeunes sur la sexualité et la prévention en sont de bons exemples.
Pour en savoir plus
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Session Internet et santé publique : pratiques, expériences et enjeux et santé des Journées de la prévention 2010
- Session « Éducation et sexualité : du social à l’intime (pdf, 113 Ko) »Les Journées de la prévention2006
- www.choisirsacontraception.fr : Choisir-sa-contraception et sa version pour téléphones mobiles ont été créés afin d’améliorer la contraception des adolescents et des jeunes adultes. Le site est axé sur les questionnements et la difficulté de parole propres à cet âge. Le renvoi systématique vers Fil Santé Jeunes valorise le rôle de l’écoute, du conseil et de l’accès à une information adaptée dans la prévention des risques liés à la sexualité.
- www.onsexprime.fr : On s’exprime a été créé en mars 2009 pour informer les jeunes de 15 à 20 ans sur la sexualité. Il aborde le sujet de manière globale : la prévention des IST, la contraception, mais également la vie affective, les relations amoureuses, le corps, l'orientation sexuelle, les violences... Le site développe les outils interactifs plébiscités par les jeunes (web 2.0, vidéos, témoignages, moteurs de recherche, tags, chat, blogs, etc.). Il comporte une web TV regroupant des informations prévention sous une forme ludique : une cinquantaine de vidéos et des « chats vidéos » mensuels avec un expert. Il donne aussi accès à une information personnalisée en dirigeant les internautes qui souhaitent en savoir plus vers des partenaires spécialisés : Sida info service, Fil Santé Jeunes, Jeunes Violence Écoute, Ligne Azur, Planning familial. Une version du site est déclinée pour smartphones.
- www.info-ist.fr : Info-IST rassemble les informations concernant la prévention et le dépistage des principales infections sexuellement transmissibles (VIH/sida, hépatite B, syphilis, papillomavirus, mycoplasmes et trichomonase, herpès génital, chlamydiose, blennorragie gonococcique). Il délivre des conseils, dresse la liste des lignes d’information et d’écoute, des sites internet, propose les spots des campagnes de prévention, etc.
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