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Laissez-vous gagner par l'envie d'arrêter !
30-05-2012
« On a tous une bonne raison d’arrêter de fumer, quelle que soit la vôtre, il existe une solution, appelez Tabac Info Service. » C’est cette signature qu’ont choisi l’Inpes et le ministère chargé de la santé pour leur nouvelle campagne nationale de lutte contre le tabagisme. Après la démystification des craintes liées au sevrage et le rappel des risques du tabagisme les années précédentes, l’Inpes souhaite relancer la motivation des fumeurs à écraser leur dernière cigarette. Parce qu’une motivation profonde est un des facteurs clé de la réussite dans l’arrêt du tabac, l’Inpes invite chaque fumeur à trouver ses bonnes raisons d’arrêter de fumer et propose, pour les aider, le soutien de Tabac Info Service.
Le tabac tue, le tabac rend dépendant, le tabac est le premier facteur de risque pour de nombreuses maladies, il fait vieillir la peau, jaunir les dents, il détériore l’haleine… Les risques et effets néfastes du tabac sont aujourd’hui connus par la plupart des Français. Mesures législatives et règlementaires, campagnes de communication menées par l’Inpes, travail des acteurs de terrain… depuis plus de quarante ans, la stratégie de dénormalisation du tabac est soutenue en France par la dénonciation régulière des risques du tabagisme, qu’il soit actif ou passif. Ce travail a porté ses fruits puisque d'après les enseignements des récentes études menées par l'Inpes auprès des fumeurs, l'augmentation de la crainte des maladies dues au tabac pour eux-mêmes est conséquente. Ainsi, en 2010, chez les fumeurs de 20 à 54 ans, cette crainte est passée au premier rang (76 %) très loin devant les accidents de la route et le cancer qui arrivaient jusqu'alors en tête. Ce haut niveau de connaissance a par ailleurs été renforcé depuis par l'apposition des avertissements sanitaires graphiques sur les paquets (voir tabac : la législation).
Mais si le fumeur est désormais conscient des risques auxquels il s’expose en fumant, l’arrêt du tabac n’en reste pas moins un pas difficile. Pour aider les fumeurs à franchir ce cap, l'Inpes a choisi, en 2012, d'axer sa communication sur la motivation à l’arrêt. En faisant écho aux multiples raisons qui peuvent amener un fumeur à prendre la décision d’arrêter de fumer (pour sa santé, pour le goût, pour l’haleine, pour ses enfants, etc.), la nouvelle campagne de l’Inpes souhaite rappeler la place importante de la motivation dans le processus d’arrêt. Cette stratégie est en accord avec les recommandations et le discours des experts « tabac » qui citent la motivation comme l'un des leviers essentiels du succès d'une tentative d'arrêt. La ou les raisons de la motivation, celle(s) qui va (vont) provoquer le « déclic », c'est-à-dire le passage à « l’action d’en finir avec le comportement tabagique » dépendent évidemment de chaque fumeur. Sans prétendre les répertorier toutes, la nouvelle campagne entend, sur un ton empathique, inviter chaque fumeur à trouver « SA bonne raison d’arrêter». Un spot télévisé, des affiches, des encarts dans la presse grand public et professionnelle, des bandeaux publicitaires sur Internet déclineront ce principe, l’ensemble de la campagne renvoyant vers le dispositif d’information et d’aide à l’arrêt Tabac Info Service.
À la télévision et sur Internet : le film « les raisons »
Pour être au plus près des fumeurs et leur donner de manière crédible et positive l’envie d’écraser leur dernière cigarette, le film met en scène de multiples raisons d’arrêter qu’elles soient affectives (la relation aux autres, l'exemple que l'on veut donner), pragmatiques (les économies) ou raisonnées (les bénéfices santé). Par son traitement simple et ancré dans le quotidien des fumeurs, le spot permet à chacun de s’identifier et de se retrouver dans une ou plusieurs des raisons évoquées : pour son conjoint, son entourage, parce qu’on est enceinte, pour augmenter ses chances d’avoir un enfant, pour sa peau, pour son haleine, pour retrouver le goût des aliments, parce que l’on est las d’être dépendant, parce que l’on veut consacrer son argent à autre chose… En réponse à l’ensemble de ces motivations, le spot rappelle qu’une solution existe : Tabac Info Service, que ce soit par l’appel au 39 89 ou via le site Tabac-info-service.fr
Le spot, réalisé par Yvan Attal, conçu dans une version de 40 secondes est décliné en deux versions 30 secondes. Il est destiné aux « fumeurs intentionnistes » de 25-49 ans.
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Du 31 mai au 20 juin, diffusion à la télévision (Métropole et DOM), sur les sites de replay et sur Internet via des web grand public.
Affichage presse et Internet
À travers des visuels différents, des affiches et des encarts-presse déclinent sept motivations à arrêter de fumer : la peau, l’entourage, les 30 ans, l’argent, le goût, le cœur, l’enfant à venir (« Pour demain »)… Chacun de ces visuels renvoie vers le dispositif Tabac Info Service et plus particulièrement le 39 89. Ce principe visuel sera également décliné en bannières web et habillages de pages d’accueil de sites grand public et féminins du 31 mai au 22 juin.

- Affiches présentes dans les « inserts » (mises sous verre dans les rues des villes) du 4 au 17 juin sur 13 000 faces.
- Affichage « médiatables » (tables de bistros) du 5 au 19 juin sur 5 000 tables
- Publication de ces visuels dans la presse quotidienne gratuite et nationale le 31 mai et le 3 juin
- Visuels également déclinés dans une campagne de bannières web du 31 mai au 22 juin
À la radio
Afin d’apporter des solutions aux fumeurs qui souhaitent arrêter de fumer et de promouvoir les services du dispositif Tabac Info Service (TIS), six spots radio de trente secondes de la campagne « Les appels à Tabac Info Service » seront rediffusés du 9 au 27 juin sur les stations de radio grand public en métropole et dans les départements d’outre-mer. Ils mettent en scène des conversations entre des tabacologues de la ligne téléphonique TIS et des fumeurs en proie à leurs questions : une personne tentant de ne pas céder aux pauses cigarette au travail, une jeune femme qui a repris le tabac après son accouchement, un homme qui tente d’arrêter en même temps qu’il cherche un emploi, une femme qui a peur de grossir…
Tabac Info Service aux côtés des fumeurs
Pour accompagner les fumeurs dans leur envie d’arrêter, l’Inpes leur propose une solution : Tabac Info Service (TIS), service d’information et d’aide accessible au 39 89 (0,15 euro/min depuis un poste fixe) du lundi au samedi de 8h à 20h et sur tabac-info-service.fr. L’aide à l’arrêt du tabac par téléphone est efficace pour les fumeurs motivés. Les études montrent en effet que parmi les fumeurs ayant contacté eux-mêmes une ligne d’aide à l’arrêt, les taux d’arrêt sont plus élevés pour ceux à qui on propose plusieurs entretiens téléphoniques. Au 39 89, les équipes de TIS répondent à toutes les questions que les fumeurs peuvent se poser sur le tabac, l’arrêt, les aides disponibles et proposent la possibilité d’un suivi personnalisé gratuit par des tabacologues fonctionnant sur un système de rendez-vous.
www.tabac-info-service.fr délivre de l’information mais également de nombreux outils et tests pour faire le point, pas à pas, sur son niveau dépendance au tabac, ses freins à l’arrêt, ses motivations, etc. Le site propose également un service de « coaching » (ou « guidance ») par courrier électronique personnalisé qui accompagne le fumeur tout au long de son arrêt, depuis sa préparation jusqu’au sevrage. À l’occasion du 31 mai 2012, le site a été entièrement revu pour laisser place à de nouveaux contenus sur l’arrêt et à une nouvelle charte graphique.
À destination des professionnels de santé

Pour relayer le message de la campagne media auprès des professionnels de santé, un nouvel « Essentiel de l’Inpes » dédié à l’entretien motivationnel, téléchargeable ici (pdf, 150 Ko) est diffusé dans la presse professionnelle de mai à septembre. En une page, il donne les principales clefs pour aider les médecins généralistes à renforcer la motivation chez leurs patients fumeurs. Un dispositif de diffusion de messages sur l’entretien motivationnel et l’incitation au sevrage tabagique sera aussi mis en place via les logiciels de gestion de cabinet médical à partir du 1er juin.
L’affiche « On a tous une bonne raison » de la campagne, fabriquée à 250 000 exemplaires est diffusée auprès des réseaux et professionnels de santé (pharmaciens, médecins, tabacologues, etc.).
La Journée mondiale OMS sans tabac 2012
Le thème de la Journée mondiale 2012 choisi par l’OMS est l’ingérence (ou « interférence ») de l’industrie du tabac. La campagne mondiale met surtout l’accent sur la nécessité de dénoncer et de contrecarrer les agissements éhontés et toujours plus agressifs de l’industrie du tabac visant à saper la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (OMS/FCTC), en raison de la sérieuse menace que ses membres font peser sur la santé publique. L’OMS demande instamment à tous les pays lors de cette Journée mondiale et tout au long de l'année 2012, de mettre la lutte contre l’ingérence de l'industrie du tabac au cœur de leurs efforts pour lutter contre l'épidémie mondiale de tabagisme. En lien avec ce thème, l’Inpes propose un dossier sur ce qu’on a appelé « la guerre du tabac ». Cette dernière continue avec par exemple la poursuite en justice, par l'industrie, des pays voulant introduire ou ayant introduit les avertissements illustrés ou les paquets génériques (l’Australie par exemple).

L’Inpes a créé et diffuse (à 200 000 exemplaires) à cet effet une affiche « L'Industrie du tabac » auprès de ses réseaux et partenaires. Cette dernière vise à dénoncer l’image d’entreprise responsable que tente de se façonner l’industrie du tabac pour se « racheter une conduite » auprès des consommateurs. Elle met en regard la responsabilité sociale soi-disant endossée par l’industrie (œuvres de bienfaisance, écologie, accompagnement apporté aux mesures d’interdiction) et la responsabilité sanitaire réelle qu’elle porte dans le développement de l’épidémie tabagique (maladies, décès, etc.).
Sur le même thème, l’EHESP (École des hautes études en santé publique) organise dans ses locaux (Rennes) une conférence libre et gratuite le 31 mai 2012 à 20h45 : « Comment les industriels du tabac nous manipulent-ils ? » (pdf, 550 Ko) Emmanuelle Béguinot, directrice du Comité national contre le tabagisme et Karine Gallopel-Morvan, maître de conférences à l’EHESP interviendront sur l’état des lieux de la manipulation des industriels du tabac et le professeur Albert Hirsch, de la Ligue nationale contre le cancer sur la campagne « Tueurs Payeurs ».
Dossier de presse (pdf, 451 ko)
La Direction générale de la santé et le Haut Conseil de la santé publique, en collaboration avec le Respadd (Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions) ont organisé le 22 mai, en amont de la Journée mondiale, un colloque au ministère chargé de la Santé. Il s’est déroulé en quatre sessions : Épidémiologie, Prévention auprès des jeunes, Société, Politique publique (voir le programme et les intervenants -pdf, 163 Ko-). Les médecins et responsables associatifs y ont manifesté leur espoir d'un changement d'orientation par rapport aux cinq dernières années. Gérard Dubois, président de la commission addiction de l'Académie de médecine, a estimé que la situation française, très mauvaise, ne pouvait « que s'améliorer » et Bertrand Dautzenberg, président de l'Office français du tabagisme, s'est déclaré optimiste pour l’avenir. François Bourdillon, président de la commission prévention du Haut Conseil de santé publique (HCSP), a souligné que les recommandations étaient déjà connues, à travers les avis successifs du HCSP, le rapport Bur « Propositions pour une nouvelle politique de lutte contre le tabac (pdf, 939 Ko) » de février 2012 et le livre blanc de l'Alliance contre le tabac de mai 2012 (81,2 Ko). L'épidémiologiste Catherine Hill qui avait co-signé l’article « L'augmentation du prix de tabac peut et doit être une mesure de santé publique » avec François Bourdillon a constaté que les ordres de grandeur (le tabagisme actif est responsable de 73 000 décès prématurés chaque année dans notre pays) n'étaient pas connus du grand public (Catherine Hill. Épidémiologie du tabagisme In La Revue du Praticien, 20 mars 2012).
Pour en savoir plus :
- Le communiqué de presse de l’Inpes
- Le dossier de presse (pdf, 827 Ko) de l’Inpes. Il reprend les principales données extraites du Baromètre santé de l’Inpes 2010 sur les fumeurs et l’arrêt du tabac en France (âge moyen des fumeurs qui renoncent au tabac, pourcentages des fumeurs déclarant avoir envie d’arrêter, nombre de tentatives d’arrêt, raisons qui ont motivé l’arrêt, différence fumeurs, fumeuses, comparaison avec les chiffres 2005, etc. Le dossier développe aussi le parcourt d’un fumeur, de son entrée dans la consommation (l’envie) à sa décision d’en sortir (l’arrêt). L’occasion de faire un point sur la théorie de Prochaska et Di Clemente, qui date de 1992 et sur laquelle se base l’entretien motivationnel). Ces chercheurs ont conceptualisé les étapes du changement de comportement des fumeurs. Selon leur modèle, les stades de motivation (et changements de comportements) s’effectuent suivant une progression qui comprend cinq stades :
- la précontemplation aussi appelée pré-intention (la personne n’a pas l’intention de modifier son comportement),
- la contemplation aussi appelée intention (elle est consciente qu’un problème existe et pense sérieusement à le vaincre mais n’a pas encore pris l’engagement d’agir),
- la préparation ou prise de décision (la personne a l’intention d’agir dans les six mois à venir et/ou a déjà agi dans l’année qui a précédé, mais sans succès),
- l’action (elle modifie activement son comportement ou son environnement afin de vaincre son problème),
- le maintien aussi appelée « le suivi et la résolution » (elle travaille à prévenir la rechute et consolide les gains obtenus durant l’action).
Ce processus n’est bien sûr pas linéaire : il peut y avoir des rechutes c'est-à-dire des va-et-vient entre les différents stades. Voir la présentation de l’INSPQ - Institut national de santé publique du Québec « Connaître et comprendre les étapes de changement de comportement dans l'arrêt tabagique ».
- La rubrique Tabac de l’Inpes :
- 30 ans de campagnes
- Le produit : historique et composition
- L’image sociale du tabac
- La législation
- Études/enquêtes/évaluation de campagnes ou de dispositifs
-
International Tobacco Control : résultats de l'enquête ITC France
- Évaluation du dispositif « emploi-jeunes-tabac »
- Étude Stamp (évolution du coaching personnalisé de TIS)
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- Pour arriver à écraser : défis à l'abandon du tabagisme au Canada (pdf, 1,1 Mo). Premier compte-rendu du genre publié en 2008 par l'Association pulmonaire du Canada. Il montre que les fumeurs canadiens font en moyenne six tentatives infructueuses avant de réussir à arrêter de fumer définitivement. L'habitude et la dépendance à la nicotine sont les principales raisons évoquées par les fumeurs pour expliquer leur incapacité à cesser de fumer.
- Prévention de la rechute : qu'est-ce que la rechute? Centre de toxicomanie et de santé mentale
- Tabagisme : Pourquoi il est difficile d'écraser par l’Association pulmonaire du Canada.
- Journée mondiale sans tabac. Elle a été créée en 1987 par l'Organisation mondiale de la Santé afin d'attirer l'attention sur l'épidémie de tabagisme ainsi que sur les maladies mortelles évitables qu'elle cause. Elle est célébrée chaque année partout dans le monde le 31 mai.
« La contagion d’écraser ». Le tabagisme se propage par contagion sociale et il en serait de même pour l’abandon du tabac. Même si l’arrêt du tabac demeure une démarche éminemment personnelle, des études ont montré que l'abandon du tabac est contagieux. Les fumeurs sont plus susceptibles de réussir leur sevrage si d'autres membres de leur réseau social arrêtent en même temps (Christakis N.A., et al. The Collective Dynamics of Smoking in a Large Social Network. The New England Journal of Medicine. Vol. 21: 2249-2258.). Cette étude montre que les fumeurs ont tendance à fréquenter des personnes qui fument dans les mêmes circonstances qu'eux. Par conséquent, lorsqu'un fumeur cesse de fumer, sa décision a des répercussions directes sur les fumeurs de son entourage. Dans le cas de deux amis fumeurs, si l'un cesse, la probabilité que l'autre fasse de même s'élève à 43 %. Ainsi, au sein des petites entreprises, il y a 34 % de chances qu'une personne arrête de fumer si un proche collègue prend la même décision. Mais l’étude montre que c’est chez les couples de fumeurs que l'abandon du tabac est le plus contagieux : il suffit que l'un des deux conjoints décide de stopper sa consommation pour que la probabilité que l'autre arrête à son tour augmente de près de 70 %. Ainsi des initiatives canadiennes veulent « féliciter les ex-fumeurs » et les inciter à témoigner pour inspirer les fumeurs. L’Association pulmonaire du Canada a par exemple créé des outils amusants (cartes virtuelles pour annoncer son intention de cesser de fumer ou inciter ses amis à suivre le même chemin avec et en même temps qu’eux, « Twibbon « ex-fumeur » , petit logo à rajouter à son avatar Twitter (sa photographie ou autre illustration), pour faire savoir qu'on a cessé de fumer, etc.) pour le réseautage social afin que la « contagion d'écraser » se propage parmi les fumeurs.