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Accidents de la vie courante : définition et contexte français
20-02-2013
Étouffements, noyades, chutes, intoxications, brûlures ou électrocutions..., les causes et les circonstances de survenue des accidents de la vie courante (AcVC) sont très diverses, ce qui contribue à brouiller la perception de leur importance.
Les AcVC correspondent aux accidents survenant au domicile, sur les aires de sports ou de loisirs, à l’école, à l’exception des accidents de la circulation, du travail, des accidents causés par des éléments naturels, des suicides et des agressions. Les AcVC sont classés parmi les traumatismes non intentionnels (qui comprennent aussi les accidents du travail et de la circulation et excluent suicides et agressions), étudiés régulièrement par les enquêtes Baromètres santé de l’Inpes. Leur volet « Accidents » interroge sur : les accidents ayant entraîné une consultation chez un médecin ou dans un hôpital au cours des douze derniers mois ; la description détaillée du dernier accident (catégorie, lieu, mécanisme, limitations consécutives) ; les chutes des personnes âgées, le port du casque, la capacité à nager, etc.
Les résultats du Baromètre santé 2010 et du Bulletin épidémiologique hebdomadaire - BEH n°29-30 (pdf, 1,5 Mo), 2011, InVSindiquent que les accidents non intentionnels sont responsables de 4 % de la mortalité totale, avec une prévalence de 10,3 % chez les 15-85 ans, et plus d’hommes que de femmes concernés (11,7 % versus 9 %). Les accidents de la vie courante sont les plus nombreux avec 20 000 décès par an et une prévalence de 7,6 % dans la population, suivis par les accidents de la circulation (4 000 décès par an) puis ceux du travail (1 000 décès par an)En 2010, 11 millions de blessés à la suite d'accidents de la vie courante ont eu recours au soin, 4,5 millions de blessés ont eu recours aux urgences et 500 000 ont été hospitalisés. Les accidents non intentionnels sont responsables de 4 % de la mortalité totale (Bulletin épidémiologique hebdomadaire - BEH n°29-30 (pdf, 1,5 Mo), 2011, InVS).
Si les actions de prévention et les mesures législatives ont fait baisser de façon significative les décès dus aux AcVC, ils restent ainsi néanmoins cinq fois plus importants que ceux causés par les accidents de la route, et vingt fois plus que les décès dus aux accidents du travail. Les accidents de la vie courante touchent tous les milieux et toutes les tranches d’âges, mais plus particulièrement les enfants de moins de 15 ans et les personnes de plus de 65 ans. En 2008, les deux tiers des 19 703 décès des suites d'un AcVC concernaient des personnes de 75 ans et plus. En 2011, parmi les 9 756 morts par chute, 80 % avaient plus de 75 ans (on dénombre par exemple 48 000 fractures du col du fémur par an chez les plus de 65 ans) et parmi les 3 508 morts par suffocation en 2011 (majoritairement liées à l'ingestion d'aliments provoquant l'obstruction des voies respiratoires), 64 % avaient plus de 75 ans. Les enfants de 1 à 4 ans constituent par ailleurs 12 % des 566 morts par noyades (BEH 2011).
Le nombre de décès dus aux AcVC est en recul par rapport aux années 1980, où l’on enregistrait de l’ordre de 22 000 morts par an. C’est chez les jeunes de moins de 15 ans que le taux de mortalité a diminué le plus fortement. Entre 2000 et 2008, le nombre de décès chez ces jeunes est passé de 358 à 254, soit une diminution annuelle de 5,7 % par an en moyenne.
La loi de santé publique de 2004 (pdf, 1,5 Mo) (objectif 93 - Traumatismes non intentionnels dans l'enfance et objectif 99 - Chutes des personnes âgées) a fixé comme objectif une réduction de 50 % de la mortalité par AcVC des enfants de moins de 14 ans et une réduction de 25 % du nombre de personnes de plus de 65 ans ayant fait une chute dans l'année, en cinq ans. Même si, de 2004 à 2008, la baisse enregistrée n'est que de 11 %, ce résultat est un premier effet encourageant des mesures de prévention, notamment vis-à-vis des morts par noyade parmi les moins de 14 ans, dont le nombre a baissé d'un tiers sur cette période (122 morts en 2003, contre 70 en 2008).
Pour autant, le vieillissement de la population laisse prévoir des hausses. Les personnes âgées, qui sont les plus exposées au risque, sont en effet de plus en plus nombreuses chaque année.
Les AcVC restent une cause importante de décès en France. De nombreux décès pourraient être évités par des mesures de prévention et de réglementation adaptées.
Nombre de morts par accident de la vie courante en France métropolitaine, données 2008 InVS/BEH n°29-30 (pdf, 1,5 Mo) 2011
En 2008, il y a eu 19 703 décès par AcVC en France métropolitaine (taux standardisé de 25,1/100 000). Les deux tiers des décès par AcVC sont survenus chez les 75 ans et plus.
- Chutes (11,3/100 000) - Première cause de décès par AcVC avec 5 563 décès en 2008
- Suffocations (3,8/100 000) - 2 999 décès en 2008. Ces décès ont été très majoritairement liés à l’ingestion d’aliments provoquant l’obstruction des voies respiratoires (2 666 décès, soit 88,9%)
- Noyades accidentelles (1,5/100 000) – 1 028 décès en 2008. Chez les moins de 25 ans, il s’agissait de la première cause de décès par AcVC, avec 131 décès en 2008, soit 30% des causes connues (et 37 décès sur 137 par AcVC chez les moins de 5 ans)
- Intoxications (2,0/100 000) - 1 376 décès en 2008. Pour près de la moitié (614), ces décès sont survenus chez des personnes âgées de 65 ans et plus. Plus des deux tiers des intoxications (959 décès, 69,7%) ont eu pour cause des médicaments (prises accidentelles ou erreurs de prescription), les autres étant dues à d’autres substances, dont les gaz.
- Accidents par le feu (0,7/100 000) - 476 décès en 2008